Après nos 3 jours dans la région de Tunis et d'Hammamet, voilà que nous prenons dans le bus vers le sud! Une constatation s'impose d'emblée: la végétation se fait de plus rare. Normal, me direz-vous, car nous approchons peu à peu du désert... Mais que voulez-vous, mon sens de l'observation est si aiguisé...
Enfin, voilà, nous sommes à notre plus longue journée de route (450 km!) et aussi la plus fraîche, du moins, si on exclut le Sahara, la nuit. Si ma mémoire est bonne, le mercure avoisinait les 22 ou 23° ce jour-là... Mais, nous sommes gâtés malgré tout, puisque nous visitons la ville de Kairouan, quatrième ville sainte de l'Islam, derrière La Mecque, Médine et Jérusalem, en ordre respectif. Cette ville porte ce titre hautement honorifique, car un saint musulman et disciple du prophète Mahomet, nommé Abou Zamaa el-Balaoui, dit Sidi Sahab (merci guide touristique!) s'est installé là vers le VIIème siècle. En gros, il a miraculeusement retrouvé sur les lieux de l'actuelle ville un vase en or qu'il avait égaré en Arabie, environ 4000 km à l'est. Stupéfait par cet événement, il a décidé de bâtir une cité à cet emplacement.
Alors, on a visité son (très beau) mausolée sitôt arrivés, précédé par des sortes bassins destinés à recueillir l'eau de la pluie, les précipitations étant plus rares dans le coin. Ensuite, on a eu droit à une visite d'une manufacture de tapis, avec la méga-démonstration des plus belles pièces de la maison qui venait avec. Certes, parmi ces tapis, il y avait de vraies oeuvres d'art, tout en soie, avec des motifs halluuuuuucinants... Nous regardions paisiblement ce défilé de splendeur quand, soudainement, les exposants ralentissait le rythme...pour finir par ne plus dérouler de tapis du tout et nous regarder d'un air appuyé. Soudain, l'illumination: ils veulent que l'on achète! Mais c'est hors de prix. Alors vient une remarquable, mais ô combien peu subtile, opération de politesse et de flatteries en tout genre pour partir plus vite en restant civilisés. À mon avis, l'honneur est sauf...enfin. Après cet épisode malaisant, nous filons à la médina du coin (lieu où a été pris la photo, avec le minaret de la mosquée dans le coin supérieur gauche). Nous constatons en effet que les échoppes de tapis sont légions et également que l'on peut s'en tirer avec une belle pièce pour une fraction du prix de la boutique citée précédemment.
Après quelques heures passées dans cette ville magnifique, de retour au bus pour un voyage épuisant, quoique fascinant sur le point de vue panorama.